De l’utilité des guides de voyage

Pour le voyageur itinérant, il est vrai que bien souvent les guides de voyages sont une mine d’informations et peuvent donner des précisions utiles de diverses sortes.
C’est aussi un très bon support matériel qui rassure, et j’insiste sur le matériel.

L’homme d’aujourd’hui issu de la société dite « moderne » a été modelé depuis sa plus tendre enfance pour être habitué à utiliser et à consommer divers types de matériels qui rendent sa vie artificiellement plus intéressante et qui lui procure une sorte de faux bonheur dans lequel il s’y complaît, dicté par les grands noms du capitalisme. En bref, vous êtes dépendants à plein d’objets et de modes qui vous rassurent. J’en veux pour preuve : votre téléphone, votre voiture, votre télé, votre cigarette (pour les fumeurs), facebook, et j’en passe (je reste dans le domaine « courant »). Imaginez-vous devoir vivre sans tout cela, comme ça, du jour au lendemain… cela pourrait vous effrayer bien plus que ce que vous imaginez. Rappelez-vous lors des pénuries de carburant, tout le monde se précipite et attend pendant des heures devant les stations service pour avoir du carburant et être rassuré (mais on ne sait pas pour combien de temps). La peur déstabilise l’homme et avoir un objet concret à disposition dont il pense avoir besoin lui fait se sentir en sécurité.

Bref, tout ça pour dire qu’un gros guide bien lourd est rassurant, mais pas complètement indispensable. Et puis, imaginez que vous traversiez quatre ou cinq pays différent, vous prendriez sérieusement autant de guides ? A ce compte là, autant ramener la bible, si vous voulez être rassuré au moins vous pourrez prier.

A mon sens, il est utile d’avoir AU MOINS une carte de l’endroit ou va atterrir. On peut l’avoir en anticipé, tout comme il est possible de la trouver  sur place (bien souvent votre auberge ou agence de location de moto pourra vous en fournir une).

Avant d’entamer mon argumentaire, je précise quand même qu’il est vrai que j’avais THE Lonely Planet dernière édition en date et que j’avais pris soin de ne pas écorner (seulement au début). Je vous fais donc part de mes impressions post-utilisation.

Le problème de la convergence de masse

- « Hi, do you have a room ? »
- « Sorry, we’re full »

C’est un discours que vous risquez d’entendre en allant dans la « meilleure » auberge de la ville recommandée par le Lonely Planet (pour ne citer que lui).

Car en effet, vous n’êtes pas le seul à détenir le précieux sésame et sachant qu’il est rassurant d’aller dans un endroit que votre guide vous indiquera, rassurez-vous d’ores et déjà car vous n’allez pas être seul!

Il m’est arrivé une fois de faire le circuit « Tournée des temples » avec pause du midi dans ce fameux restaurant fortement recommandé. Hé bien, la nourriture n’était pas en soi mauvaise, par contre autour de moi, 100% de touristes et la moitié d’entre eux avaient leur Lonely Planet sur la table… Bref, pas vraiment une ambiance authentique. Au moins le WiFi était de bonne qualité et j’ai pu sauvegarder une partie de mes photos.

Le poids du bousin

Un argument simple, mais qui est tellement justifié. Le LP (Lonely Planet) Thaïlande fait plus de 800 pages et pèse exactement 657 grammes. Si vous partez avec disons 12kg, cela représente 5.5% du poids total.

Et croyez-moi, on a toujours l’impression de manquer de place, surtout si on achète quelques souvenir ou vêtements sur place. 657 grammes c’est donc déjà trop. Et rappelez-vous que plus on est léger, plus on se sent libre.

Vous limitez votre potentiel de rencontres

Comme dit précédemment, toutes les personnes qui ont et qui utilisent un LP ou un guide du routard, ou autre ont tendant à bien souvent se retrouver aux mêmes endroits dans chaque ville différente. Et comme beaucoup de personnes visitent les grands points d’intérêt à la suite, vous avez de bonnes chances pour rencontrer à nouveau ces personnes.

Vous rencontrez donc potentiellement moins de monde, et aussi potentiellement moins de personnes intéressantes.

En pratique, les solutions et alternatives

Je ne dis pas qu’avoir un guide c’est mal, car rien que pour avoir toutes les cartes c’est bien mais ça ne mérite pas 657 grammes de plus à transporter sur son cul.

Sur les trois pays que j’ai visité, j’avais uniquement la version papier du LP Thaïlande. Mais j’avais aussi des versions électroniques au format pdf de plusieurs guides pour le Laos et le Cambodge, et aussi d’autres pour la Thaïlande qui étaient stockés sur mon smartphone et que je pouvais consulter à n’importe quel moment sans pour autant trimbaler une bibliothèque. J’étais bien rassuré! ;-)

Mais dans la pratique, c’est chiant de lire une version électronique sur un écran de la taille d’une carte bancaire donc on s’en sert moins et en fait, à partir du Laos (au bout d’un mois), je n’ai que très peu utilisé mes guides. A chaque fois, je me débrouillais différemment car j’étais souvent accompagné et puis on allait là où l’ambiance nous semblait la plus agréable et on au final on a jamais vraiment été déçus.

Par exemple, à Luang Prabang on est tombés sur une auberge dont les bananes et cafés étaient gratuits, en plus des proprios locaux ultra sympas avec qui on pouvait discuter et qui voulaient toujours partager leur repas.

Il n’y a à mon sens pas de « meilleure auberge ». Cela reste à l’appréciation de chacun et il faut aller là où on pense se sentir le mieux.

Contre exemple à Ayuthaya (un de mes plus mauvais souvenirs), je suis allé dans une auberge recommandée par le LP après la première qui était pleine, et elle était en pleine rue touristique, on y croisait que des occidentaux, la chambre était vraiment pitoyable en terme de qualité et le soir, j’avais des concerts de bar en live juste en face de ma chambre dont l’isolation phonique était proche du néant…

La version électronique est donc une bonne alternative, à consulter avec modération car dans tous les cas, on trouvera toujours les infos dont on a besoin quelque part, sur place. Et si vous ne les trouvez pas, il y aura toujours les chauffeurs de tuk tuk pour vous emmener quelque part, et il ne faut pas toujours croire que ce sont des arnaques car encore une fois, il n’y a pas de meilleure auberge.

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